27 décembre 2012

Visite du Fort de Montluc de Lyon par la nièce d'un déporté.

VISITE DE MONTLUC  EN SEPTEMBRE 2012

Oui, c'est oppressant mais pour moi le souvenir de cette visite
> l'est encore davantage. Par dessus tout des sentiments mêlés
> curieusement d'impuissance et de colère envahissent le visiteur. On
> est submergé par l'horreur de ce qui s'est passé dans ces lieux, par
> cette fatalité brutale qui a frappé ces hommes et ces femmes,(et
> aussi ces enfants) destin qu'on ne peut pas changer, et en même
> temps, on ne parvient pas admettre que d'autres êtres dits "humains"
> aient pu fomenter et commettre de tels crimes. Surtout lorsque l'on
> se dit qu'aujourd'hui plus de 73 ans après, d'autres personnes dans
> toute l'Europe la bête veille assoiffée de sang et de tortures
> ( voire ce qui s'est passé en Norvège et se qui se trame en Autriche
> par exemple)
> J'ai oublié de dire que les interrogatoires se déroulaient dans un
> autre arrondissement de Lyon, place Bellecour, et que chaque jour
> les pas lourds des SS qui approchaient des cellules signifiaient
> souvent qu'on allait en extraire un détenu pour l'amener devant
> Barbie ou ses sbires et le torturer. On le ramenait inanimé, des
> heures après dans sa cellule. Ou alors le soldat disait " sans
> bagage" et alors ses compagnons savaient qu'ils ne le reverraient
> plus parce condamné à être fusillé ( sur place quelquefois dans le
> chemin de ronde mais plus souvent à l'extérieur) L'annonce de sortie
> "avec bagages" voulait dire soit la libération faute de preuve
> ( évidemment extrêmement rare) soit les départs en camp de
> concentration ou d'extermination.
> Je ne conseille pas la visite de ces lieux tout de suite car les
> travaux sont en cours comme vous l'avez vu sur une des photos à
> l'intérieur comme dans l'environnement pour rendre le bâtiment plus
> accessible et se rendre compte qu'il est vraiment très proche de la
> voie ferrée ce qui explique à quel point il fut vite soustrait à
> l'administration de Vichy par l' autorité allemande. Ce coin là est
> en plein réaménagement et impossible à photographier à cause du
> chantier.
> Mais il faut dire que la création du Mémorial ne date que de deux ans
>

HISTORIQUE
> > > Il faut savoir qu'à Lyon en 1921, au moment où la prison de Montluc
> > > s'est ouverte, il y en avait déjà deux autres ( Saint Paul et Saint
> > > Joseph) Comme cette nouvelle prison n'accueillait pas assez de
> > > détenus on la ferma et on distribua les prisonniers entre les deux
> > > autres.
> > > Ce bâtiment comprenait environ 138 cellules sur trois étages, rez de
> > > chaussées compris numérotées de bas en haut, un réfectoire assez
> > > vaste, des WC, des douches, un magasin, un atelier. Chaque cellule
> > > mesurait 4 mètres carrés pas davantage. Il y avait un corridor le
> > > long du mur d'enceinte qui servait de chemin de ronde. Actuellement
> > > la partie du mur de ce chemin qui donne sur l'extérieur est illustré
> > > par la fresque de jean MOULIN et ses illustres compagnons et un
> > > monument en hommage aux internés.
> > > En 1939 elle est remise en activité par l'autorité militaire. C'est
> > > ce qui explique l'inscription que l'on voit en haut de la porte
> > > d'entrée que l'on a découverte que récemment vers 2000 car elle 
> >  avait été murée.Elle sert alors à incarcérer des
> > > détenus de droit commun, des militaires purgeant de courtes peines
> > > ainsi que des militants communistes en raison de l'interdiction du PCF
> > > au mois de décembre 1939.
> > > Certains des détenus de droits communs étaient appelés "moutons "
> > > car ils observaient et épiaient les autres prisonniers et les
> > > dénonçaient. Il s'ensuivait de lourdes sanctions. A cette époque et
> > > encore pour quelques mois , les cellules étaient encore
> > > individuelles. Mais dés la défaite et le gouvernement de Vichy , il
> > > suffisait de distribuer des tracts, de dénigrer le régime pour être
> > > incarcéré et cela s'intensifia tellement que les hommes où les femmes
> > > durent vivre jusqu'à huit dans une cellule.
> > > Je n'en croyais pas mes yeux lors de ma visite et j'avais de la
> > > peine à m'imaginer comment cela pouvait être possible. A partir de
> > > l'invasion de la zone sud de la France par les nazis, la prison passa
> > > sous l'autorité allemande qui réagit coup par coup et fait des
> > > rafles afin de se constituer des otages et change le régime des
> > > prisonniers. Ainsi les douches sont supprimées, les WC aussi et dans
> > > les cellules , j'ai vu les tinettes qui servaient aux besoins
> > > naturels, un récipient pour recueillir de l'eau et un petit porte
> > > manteau scellé au mur. Peu à peu les promenades dans la cour de la
> > > prison furent interdites et la nourriture devint de plus en plus
> > > maigre. Très vite en même temps que la famine, la vermine s'installa
> > > les punaises notamment, aggravé par les odeurs qu'elles dégagent
> > > quand on les écrase.
> > > On arriva à une situation épouvantable et l'on en vint à se servir
> > > du réfectoire, du magasin, de l'atelier pour installer des châlits
> > > permettant d'installer ces malheureux en hauteur. On sépara les
> > > internés raciaux du reste des détenus pour les installer dans un
> > > réduit qui s'est vite appelé " la baraque aux juifs" vite surchargée
> > > malgré les lois nazies de solution finale qui condamnaient cette
> > > population à l'extermination dont on extrayait périodiquement un
> > > groupe pour l'emmener à Drancy. Dans l'exposition, il y a
> > > l'agrandissement d'une photo clandestine. Elle est unique: on y voit
> > > ces malheureux se préparant à monter dans deux autocars qui les
> > > emmènent à la gare toute proche. Ils ont des bagages mais nos a dit
> > > le guide c'est normal car ils ont été raflés en emportant ce qu'ils
> > > avaient de plus précieux et les allemands ont bien l'intention de les
> > > leur confisquer. Il y a eu des périodes où l'on a emprisonné jusqu'à
> > > 1500 personnes
> > > Sur les 7331 personnes incarcérées, 669 internés furent exécutés,
> > > (entre le 11/11/1942 et le 24 Août 1944), 2565 déportés, 2014 furent
> > > libérés et 2440 dont le sort est inconnu. Sur les 2565 seulement 840
> > > furent rapatriés.
> > > A la sortie de la guerre, la prison reprit sa fonction et on y logea
> > > pour un temps les personnes ayant grandement collaboré en se rendant
> > > coupable de dénonciations, de chantages etc etc. Puis de partisans du
> > > FNL . Ensuite Montluc devient une prison pour femmes en 1997,
> > > jusqu'en Février 2009. Les cellules sont réhabilitées, ce qui veut
> > > dire que disparaissent tout ce qu'il pouvait y avoir comme graffitis
> > > ou inscriptions. Cependant je crois me rappeler qu'une cellule a été
> > > reconstituée par le Musée de la Résistance de Lyon. Donc cela répond
> > > à la question que vous me posiez
> > > L' ARM et son Président Georges TASSANI (décédé à présent) vont
> > > lutter avec témérité pour que la prison que l'on vouait à la
> > > reconstruction devienne un lieu de mémoire et ils obtiennent en
> > > 2009 qu'une partie soit inscrite à l'inventaire des monuments
> > > historiques. On y construit un Mémorial comprenant les cellules, le
> > > mur de clôtures, le chemin de ronde qui relève du Ministère de la
> > > Défense où les photos sont interdites et une autre partie, non
> > > protégée, qui appartient à l'Université de Lyon 3 et que je n'ai pas
> > > vue. "La baraque aux juifs" qui n'était en fait qu'une simple cabane
> > > de chantier a disparu mais son emplacement est marqué au sol.

> >

Posté par ami entends tu à 09:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

Commentaires sur Visite du Fort de Montluc de Lyon par la nièce d'un déporté.

Nouveau commentaire